mardi 18 août 2015

LE MESSIANISME DOUTEUX DES INTEGRISTES DE TOUS BORDS...



D'aucuns font une fixation trop exagérée pour ne pas être maladive sur la langue alors que la langue est soumise à une dynamique perpétuelle et ne saurait être une constante que par son nom...  

Il n'y'a par ailleurs AUCUN peuple au monde qui parle la même langue, chez les amérindiens, chez les aborigènes, chez les arabes ou chez les berbères et de grandes nations ont réussi à se constituer en possédant non pas deux ou trois mais des centaines de langues...

Les "identaristes" sont des extrémistes comme les islamistes... Ils ont le même mode de pensée. Les seconds vous disent que la prière est le pilier de la Religion, les premiers vous affirment que la langue est le pilier de la Culture...

La prière est choisie non pas pour la communion et la ferveur qu'elle suppose mais pour son "effet spectacle" et l'ostentation qu'elle permet et pour sa fréquence qui en fait un moyen idéal de voir et se faire voir et donc de pouvoir juger et se faire juger...

La langue aussi... Car l'acte le plus fréquent dans la vie de l’homme c'est celui de parler... 

Les intégristes oublient littéralement les autres prescriptions de la foi ou les négligent jusqu'à leur reniement mais imposent et s'imposent à grand renfort de gestes et vociférations, la prière surtout publique ou en public et s'efforcent de se dessiner une marque sur le front pour se donner beaucoup plus un signe d’appartenance à la « djamaa » que pour prouver leur foi en Dieu… 

Les identaristes font le même usage de la langue. Ils oublient toutes les autres caractéristiques de l’identité (cuisine, architecture, traditions festives ou mortuaires, traditions agricoles etc…) qu’ils considèrent comme folklore tout juste bon à renforcer la langue ou à lui donner un décor dans lequel ils la font évoluer démontrant par là que ce n’est pas la langue qu’ils respectent mais qu’ils en retirent seulement une sorte d’attestation d’appartenance clanique qu’ils certifient par la seule ostentation de son usage ou par la virulence de sa défense, oubliant qu’il suffit à n’importe qui de vivre dans un milieu linguistique pour en apprendre le parler sans qu’aucune notion de gènes ne lui vienne en aide…

A la prière audible et visible, l’intégriste religieux ajoute l’habit qui le distingue et l’identifie, même au prix de plus loufoques extravagances… et les savants de la foi ont beau s’égosiller sur l’absence de textes imposant les voilages, ceux qui sont convaincus que le kamis fait l’imam rechercheront au tréfonds de l’exégèse des faits même douteux de la tradition pour en faire des vérités coraniques… 

Il en est ainsi des identaristes qui peuvent inventer un costume identitaire, pourvu qu’il soit suffisamment bariolé pour se faire voir de loin, afin d’imposer leur carte postale…

Les zélés défenseurs de ces causes, qui ne veulent pas s’avouer qu’ils se sont engagés en réalité non pas pour les promouvoir mais pour pourfendre d’autres causes doivent pourtant savoir que l’identité ou la religion ne sont rien d’autres que badigeons que l’Histoire de l’Homme a utilisés pour colorer ou corriger les impératifs de la sociabilité et qu’elles ne leur confèrent ni excès d’honneur ni indignité car ils ne sont en rien responsables de ce dont ils ont souvent si (mal) hérité…

Et après avoir dit tout ça, je prie ceux que ça dérange de considérer que ma goult walou !

dimanche 9 août 2015

DOUTE ET ACHARNEMENT



L'homme est malléable et la facilité avec laquelle on peut le modeler est inversement proportionnelle avec la force de son caractère et sa personnalité.
Je reste persuadé que ceux qui font une fixation maladive sur quelque chose éprouvent de grosses frustrations pour cette chose... je m'explique par cet exemple: ceux qui se croient plus malins que tous les croyants et qui n'arrêtent pas de chercher les défauts de la cuirasse de l'Islam sont en réalité subjugués par cette religion et cherchent subconsciemment à être convaincus que le défaut qu'ils ont découvert n'en est pas un...
Vous les verrez insister sur des détails infimes qui confortent leurs doutes alors qu'ils oublient les évidences criardes qui doivent normalement renforcer leurs convictions...
Mais dès que vous leur apportez la preuve que leurs hypothèses sont fausses et que leurs conclusions ne peuvent être justes, ils fuient le problème posé pour susciter un autre problème, toujours à la quête de cette preuve qui leur permettra de ne plus être torturés par leur conflit de conscience...
Il en est de la religion comme de la politique, de l'histoire, de l'identité, de la culture, de la langue...
J'ai appris pour ma part que les plus virulents défenseurs d'une idée sont toujours les derniers à l'avoir adoptée ou ceux qui ont le plus de doute sur sa véracité ou son opportunité... ainsi les plus violents et les plus cruels des prosélytes de l'indécente religion des apparences que nous subissons depuis 1/4 de siècle sont toujours ses plus récentes recrues; et les plus virulents défenseurs d'une langue, qu'elle soit prétendue vernaculaire ou faussement véhiculaire sont ceux qui savent que les plus forts doutes planent sur leurs origines et/ou sur la légitimité de leur revendication...
Vérifiez cela auprès de vos parents, amis et voisins et vous verrez que c'est une vérité quasi absolue...
Regardez comment les gens de conviction bien ancrée vivent sereinement leur croyance et leurs idées et tolèrent celles des autres et comment ceux qui sont torturés par leurs doutes vivent perturbés et intolérants envers les autres, peut-être plus parce qu'ils ressemblent à cette image qu'ils ont d'eux mêmes et qu'ils ne veulent pas voir, que parce qu'ils leur sont différents...
Et si vous considérez que j'ai trop parlé pour ne rien dire, dirou belli ma goult walou...

mardi 4 août 2015

KABYLE DITES VOUS ?

C’est quoi être Kabyle ?...

"Kabyle" est un terme d’une totale ambigüité. 

Habitant en Kabylie depuis la nuit des temps, Je n’ai personnellement jamais compris ce qu’il voulait dire réellement et je suis certain que chacun l’interprète à sa manière…

Pour les gens de raison, ce terme renvoie à une aire géographique : on dit Annabi, Oranais, Djelfaoui, Kabyle… au sens de : « habitant d’une région d’Algérie nommée Kabylie » un peu comme on dirait « M’Zabi » pour un habitant de la vallée du M’Zab … non ! j’ai pris un très mauvais exemple… c’est plutôt comme « hidhabi », un habitant des hauts plateaux mais le terme n’a pas encore été inventé…

Kabyle c’est donc en toute logique un habitant de la Petite ou de la Grande Kabylie… je me demande d’ailleurs pourquoi on a donné ces qualificatifs à ces deux régions… est-ce en rapport avec la superficie ? Pas évident !... alors pourquoi ?... Seuls les services psychologiques de l’armée française doivent le savoir !…

Mais cette définition bute sur un casse tête, celui du nom donné à la langue parlée par une partie des habitants de la Kabylie… et c’est à se demander aujourd’hui si le « Kabyle » dérive de Kabylie ou si c’est la Kabylie qui dérive du « Kabyle » !...

Et si on devait considérer comme Kabyle tout kabylophone, où situerait on un habitant de la Grande ou de la Petite Kabylie qui ne parlerait pas Kabyle ou le parlerait mal ? serait-il lui aussi un Kabyle à part entière, 1/2 ou 1/3 de kabyle ?... Et un habitant de Magtaa Kheira ou de Ain Lahnèche qui excelle en Kabyle ne serait il pas Kabyle ou le serait-il par la langue et non par la terre ?... Et un métis muet dont la mère parlerait Kabyle et le père zoulou ou vice versa serait il Kabyle ou pas ?...

D’aucuns parlent de race… mais comment établir qu’un tel est foncièrement Kabyle et que l’autre ne l’est pas sans une étude ADN, sachant que le parler, la fouta et l’usage de l’huile d’olive à eux seuls ne suffisent absolument pas à déterminer une race, puisque tout le monde sait qu’on peut apprendre une langue par simple cohabitation avec ceux qui la pratiquent, qu’on peut porter une fouta par effet de mode et qu’on peut aimer l’huile d’olive même si on est corse, espagnol ou crétois !...

Tout le monde sait aussi que nombre d’ « arabes » dont la généalogie remonterait au Prophète de l'Islam ou au Rio de Oro (comme ils s’en vantent) se sont installés dans les montagnes kabyles pour y semer «la bonne parole» et s’y sont faits au Kabyle pour devenir à leur tour plus Kabyles que les Kabyles…

On pourrait se baser sur le faciès mais allez donc trouver un faciès commun aux Kabyles où on trouve le roux viking, le jaune nippon, le rouge sioux, le noir guinée, et le blanc albinos !...

Mais peut-être que les « kabylistes » qui savent distinguer un Kabyle de quelqu’un qui ne l’est pas se basent sur le critère de l’ancienneté dans l’occupation des lieux par exemple… le hic c’est de pouvoir déterminer la date d’arrivée en Kabylie et d’accepter de considérer comme Kabyle tout immigrant de l’intérieur ou de l’extérieur que les contingences de l’histoire ou la « volonté de Boumediene » ont ramené sur ces terres … l’autre hic c’est qu’en l’occurrence, il faut déchoir tout émigrant vers Relizane ou Héliopolis, Hassi Messaoud ou Tamanrasset, Paris ou Montréal de sa kabylité… et mon Dieu !... il s’en trouve et pas seulement quelques uns !

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce « torchon » comme beaucoup vont le qualifier… mais je me suis dit que mon honnêteté intellectuelle ne doit pas s’embarrasser de complaisance pour ne pas me torturer la conscience et même si je ne m’attends pas à des fleurs de la part de ceux qui ont fait de la kabylité leur cheval de bataille, je reste persuadé qu’il y’a une autre manière de s’identifier culturellement ou racialement que d’user de ce terme très réducteur ou trop généralisant selon l’angle à travers lequel on le voit… Ceci dit, j’aimerais qu’on m’évitât les noms d’oiseau ; et si quelqu’un trouve mon écrit trop irrévérencieux, qu’il se dise que … ma goult walou !

vendredi 13 février 2015

L ART DE FORMER DES ASSISTES

Le dispositif d'insertion des jeunes diplômés fait feu de tous bois pour le grand bonheur des jeunes... et des moins jeunes; des diplômés... et des maquignons.

Ce dispositif d'apprentissage à l'assistanat touche aujourd'hui tous les diplômés... et tous les secteurs. Du boulanger au pompiste, du soudeur à la coiffeuse, de la puericultrice au traducteur, de l'avocat au véterinaire, du pseudo-industriel au faux éleveurs.

Esclavage moderne que nous ont inventé nos dirigeants aux initiatives toujours douteuses, il fait courir chaque matin des millions de jeunes qui désapprennent les rigueurs de la discipline en allant faire semblant de travailler 4 heures par jour sans s'astreindre ni au port des EPI ni au respect de la ponctualité... faisant courir le risque de nous donner à l'avenir une masse laborieuse très peu efficace parce que très mal ordonnée et qui nous fera regretter celle que nous avons présentement sur les bureaux et les chantiers et qui nous a contraints à ramener des travailleurs du bâtiment de Chine et de penser à faire appel à des travailleurs de la terre des Philippines...

Ce système totalement irréflechi a par ailleurs introduit chez nos "employeurs" le principe de la main d'oeuvre gratuite et il leur sera bien difficile de concevoir un quelconque métier dans lequel ils devraient prévoir une masse salariale à débourser...

Il faut aussi se rendre compte des aberrations que véhicule ce système qui jette sur le marché de l'emploi réglementé des employés sans "autorisations légale d'exercer" que les professionnels suent sang et eau pour se faire délivrer et qui insère dans des secteurs sensibles des jeunes sans prestation d'aucun serment quand les adultes sont contraints de se plier à toute une solennité administrative avant d'avoir "les coudées franches"...

Mais outre ces mauvaises habitudes qu'il inculque aussi bien aux employeurs qu'à leurs employés et ces risques de "clochardisation" des métiers et professions, ce dispositif qui fait perdre aux jeunes diplômés leurs connaissances acquises au lieu de les renforcer, présente un très sérieux risque pour la morale des affaires qui est déjà au bas fixe...

Il est en effet illusoire de s'attendre à ce que des travailleurs qui savent la précarité de leur situation résistent aux tentations qui leur sont offertes par tous les flibustiers qui se sont faits industriels, promoteurs immobiliers ou importateurs et qui ont déjà gangréné les administrations, le fisc, la douanes, les services de contrôle en tous genres... et il se dit déjà que nombre d'entre ces flibustiers ont réussi à se faire des têtes de pont dans certaines administrations où des dossiers ont été vidés de leurs pièces essentielles moyennant juste rétribution à des jeunes qui savent que leur avenir ne peut être assuré par ce dispositif qui semble avoir été décidé...
pour les besoins de la cause...

Je dis ça comme ça... sans preuves bien sûr... et j'aimerais bien pour ne pas me faire grief de mes reflexions, on se dise que ma goult walou...

samedi 7 février 2015

L'HORREUR COMME FAIRE VALOIR

Il y'a des événements majeurs de l'actualité que je n'ai pas voulu commenter à chaud...

C'est le cas de le dire sans tragique jeu de mots pour l'exécution horrible du pilote syrien par les illuminés de l'EI...

Je sais les susceptibilités à fleur de peau dans ces tragédies... j'irai donc mollo..

J'ose donc dire que:

1- ce n'est pas parce que le crime est horrible qu'on doit faire de la désinformation... le pilote jordanien présenté comme otage était en réalité un prisonnier de guerre ...

2- Il n'était pas venu en touriste mais en soldat et sa mission consistait à bombarder donc à tuer et il devait s'attendre à son sort en montant dans le cockpit de son avion...

3- l'opinion est appelée à focaliser sur l'horrible méthode utilisée par l'EI pour exécuter le prisonnier... et cette focalisation sert les deux parties:
- les coalisés dont on occulte les rôles successifs dans cette guerre, depuis la destruction de l'Irak jusqu'à la subversion en Syrie puis la création de l'EI et enfin le cinéma du "containment" de sa menace, par ceux là mêmes qui sont à son origine.
- la politique de terreur de l'EI qui va de surenchère en surenchère dans l'horreur en espérant, à juste raison impacter sur le moral des forces engagées contre lui... poussant déjà les Emirats à faire défection même en cherchant prétexte dans de vagues considération de refus d'armer les tribus irakiennes...

4- la grosse batterie médiatique mise en branle, permet d'accréditer le caractère sanguinaire sous lequel on présente l'Islam dans une campagne tous azimuts et qui est trop bien soutenue pour ne pas être planifiée; et on remarquera que tous les supports médiatiques qui "analysent" cette horreur, le font non pas en l'imputant à des psychopathes mais en regard de la pratique religieuse qu'on va chercher dans ce qu'aurait fait Khalid Ibn El Walid ou édicté les obscurs fatawistes tout au long du parcours tumultueux de l'islam et de ses déviations...

5- Ce crime horrible exploite l'amnésie collective et est présenté comme le summum de l'horreur, eclipsant opportunément Ghaza et ses enfants écrasés, déchiquetés, écrabouillés par les bombes au moment où on commençait à envisager un procès contre les auteurs de ces carnages...

On comprend que, comme dans le cas Charlie, le crime ne profite pas, dans ces gros montages médiatiques de la terreur, à ceux qui le commettent et que les indignations sélectives ne découlent jamais d'un véritable sentiment de compassion envers les victimes ni d'une sincère révolte devant l'horreur...


Pour le reste, ma goult walou !.

PEAU NOIRE MASQUE BLANC

Il y'a comme un vilain empressement à se faire plus "occidental" que les occidentaux de la part de nombre de "colonisés de l'esprit"...

On montre sa fierté à bouffer du sanglier, à boire du vin dont on cite, pour bien faire comprendre aux autres ses connaissances en la matière, les marques les plus raffinées... On stipendie le voile comme le turban, on vilipendie l'égorgement rituel du poulet et du mouton, on ironise sur les traditions de la pudeur séculaire, et si on n'ose pas se montrer nu, c'est seulement parce qu'on n'a rien à montrer...

Dans cette furieuse remise en cause de pratiques consacrées depuis des siècles et dont on découvre depuis Charlie le ridicule, on outrepasse même les limites de la religion pour défoncer des barrières traditionnelles et on n'hésite plus à faire les plus imbéciles amalgames comme celui qui consiste à faire de tout arabe un musulman, de tout musulman un terroriste, de tout terroriste un arabe...

Les pourfendeurs des traditions séculaires qui se sont levés en masse pour crier le mal funeste que représentent ces traditions et ceux qui les portent oublient que ceux qui fustigent l'autre, dans cet occident coupable de toutes les ignominies, ne s'arrêteront pas en si bon chemin...

Ils n'ont pas admis l'égorgement rituel des bêtes sans même se demander si l'abattage selon leurs normes est moins cruel... Ils en ont fait toute une histoire en oubliant qu'on ébouillante bien des escargots vivants et qu'on fait frire des poissons encore frétillants...

Ils se sont attaqués ensuite aux traditions vestimentaires, vouant aux gémonies les porteuses du moindre foulard, oubliant que les traditions judéo-chrétiennes imposaient le voile parfois intégral et que mères et soeurs se couvrent la tête sans que cela n'ai fait scandale depuis toujours et regardent pourtant avec indifférence ou même sympathie les chapeaux noirs des juifs et leurs kippa dont leurs officiels n'hésitent pas à s"affubler, à l'occasion...

Ils vont finir par arriver à nos traditions culinaires et à nous imposer les caractères latins pour écrire nos langues età nous faire renier notre passé récent d'anticolonialistes après nous avoir fait renier celui d'adeptes de notre religion...

Et à chaque fois, il trouveront chez nous des légions de peaux noires et masques blancs qui frétilleront d'aise de nous culpabiliser sur ce que nous sommes...

Il est vrai, à leur décharge , qu'une frange d'intégristes de la race, de la langue, de la géographie et de la foi se croit investie de la mission de protéger et défendre ces valeurs pourtant changeantes qu'ils appellent "constantes" et qu'au lieu de leur permettre d'évoluer, ils n'hésitent pas à accentuer leurs traits figés, offrant ainsi à leurs détracteurs une belle occasion de les... caricaturer !

Ana goult ce qui me tient à coeur... et que ceux qui trouvent que je serais allé trop loin, d'un côté comme de l'autre, se disent que ma goult walou !

DE L'ENFER AU PARADIS

Je me souviens en filigrane de ces hommes alertes qui passaient par petits groupes en s’enveloppant d’obscurité pour manger dans la djefna commune un couscous ou un berkoukes et faire provisions de galettes avant de se faire engloutir par la nuit de laquelle ils étaient sortis.

Il arrivait que leur chef, dont la bougie donnait au corps accroupi une ombre si grande que le mur de notre chaumière devait s’aider du plafond pour en supporter la projection, disait à ma mère à laquelle les épreuves avaient ôté le sourire : « n’aies crainte, Mère… nous arracherons l’indépendance du pays et tu deviendras une reine et tes enfants des princes »…

Les promesses de la Révolution étaient à la mesure des privations de la colonisation…

A la lourde chape de plomb que la France imposait au peuple, la Révolution répondait par la promesse d’une liberté totale… à la faim par les banquets… aux inégalités par l’uniformité, aux abus extrêmes par une justice absolue et par extension, à l’effort surhumain qui était imposé au peuple par la perspective du repos total et à la discipline de fer par l'anarchie, ou du moins, la fin de toute hiérarchie…

Et quand nous sortîmes de la noire période de domination coloniale, nous le fîmes avec un esprit de partage des bienfaits et des richesses qui bénéficiaient aux occupants, pas avec celui de nouveaux propriétaires soucieux de redoubler d’efforts et de discipline pour construire au mieux cette société et ce pays qui était redevenus nôtres…

Profitant de la manne pétrolière, les gouvernants qui se sont succédés ont continué à développer la logique des commissaires politiques du FLN décrétant que le travail, le logement, le pain, l’eau et plus tard l’électricité, le gaz, la voiture, le diplôme etc étaient des droits dûs par le pays à ses citoyens par le seul fait de leurs statuts de citoyens libres et indépendants…

C’est cette logique qui continue à prévaloir 60 ans plus tard. L’Etat Bouteflikien continue à considérer l’Algérien comme un assisté qui n’a pas encore atteint sa majorité et l’Algérien pour sa part, n’a rien perdu de cette mentalité rentière que lui a donnée une Révolution qui, pour le faire adhérer à ses idéaux de liberté devait lui faire miroiter les promesses d’une vie sans soucis…

Faut il aujourd’hui en vouloir à la Révolution qui a exagéré ses promesses ?
Non… C’est encore cette colonisation qu’il faut incriminer, elle qui a fait vivre au peuple un enfer d’où on ne pouvait le faire sortir qu’en lui faisant miroiter l’espoir du paradis.

Mais maintenant que nous avons épuisé cette rente qui a permis de «lombriciser» le citoyen, il faut que prennent les commandes de ce pays des hommes non tenus par les promesses excessives de la Révolution afin que l’algérien sache que la citoyenneté n’est pas un droit avant que d’être un devoir et qu’elle ne peut offrir que les privilèges arrachés de haute lutte…
… De haute lutte, non pas, comme le pensent les jeunes journalistes conditionnés par le principe du « contestarisme » et qui cautionnent et s’impliquent dans tout mouvement de foule…

De haute lutte sur les terrains des études, du travail, de l’effort, de l’initiative, loin des surenchères politiques, religieuses, identitaires, linguistiques, corporatistes ou syndicales !


Sachant que mon écrit, s'il devait être lu, dérangera bien des gens dans la sphère démagogique du pouvoir et de ses tenants comme dans celle, populiste de l’opposition et de sa presse, je termine en disant à ceux qui seraient tentés par quelque haro sur le baudet que je suis : ma goult walou…